Rencontre Entretien

 

Kan Takahama,

une auteure de manga japonaise mâtinée de France

C’est au cours de collaborations avec des auteurs et éditeurs de bande dessinée français que Kan Takahama a forgé son style graphique et narratif. Après une dizaine d’années de publications surtout en Europe, elle crée maintenant davantage au Japon où son succès est grandissant avec chaque livre. Elle nous expose son parcours européano-japonais.

漫画家 高浜寛

aussi à Casterman en la personne de sa directrice éditoriale Nadia Gibert et de son PDG de l’époque Louis Delas : ils ont tous les deux, même après que Frédéric ait cessé sa collaboration pour Sakka, continué à me soutenir et à publier toutes mes histoires. Mes difficultés personnelles, qui inspiraient aussi mes récits, faisaient que je prenais souvent du retard dans la remise de mes planches mais ils m’ont toujours attendue et aidée à avancer :

2 Expressos (Ed. Casterman) avril 2010. 168 pages. 15,50 €. Traduit par Xavier Hébert et Naomiki Sato.

Sad Girl (Ed. Casterman) mars 2012. 88 pages. 16 €. Traduit par Xavier Hébert et Naomiki Sato.

Chono michiyuki 蝶のみちゆき en japonais (Ed. Leed) janvier 2015. 154 pages. 1000 yens.

 

Quand avez-vous commencé à dessiner

des mangas et comment s’est passée votre première publication ?

Il me semble avoir commencé à dessiner des mangas quand j’étais au lycée : pendant les vacances d’été, pour passer le temps. Un peu plus tard, en 2000, alors que j’étais étudiante à la faculté des beaux-arts de Tsukuba, j’ai dessiné une histoire pendant une soirée un peu arrosée avec des amies. L’une d’elles a trouvé que c’était bien et a pris l’initiative de proposer ces esquisses à la grande maison d’édition Kodansha.

Et Kodansha vous  a  publiée  ? Seulement quelques essais sur le site du magazine Weekly Morning mais j’ai quand même reçu un petit prix pour débutants appelé Manga Open. C’était encourageant alors que je n’avais pas encore l’idée de devenir auteure de manga.

Quel a été votre premier manga publié ? Yellowbacks dans la revue Garo en 2001. C’était un honneur pour moi car cette revue était vraiment d’une qualité particulière.

La revue Garo, créée en 1964, a fortement marqué l’univers du manga. Vous avez été une des dernières “découvertes” de ce magazine disparu en 2002.

Mes histoires courtes, présentant d’une façon aussi réaliste que possible, parfois même crûment, le quotidien de personnages que je voulais cependant

 

attachants, ont heureusement reçu un bon écho. Elles ont été publiées en 2002 dans un recueil traduit un peu plus tard, sous le titre Kinderbook, en France, Espagne, Etats-Unis, grâce à Frédéric Boilet, lui- même auteur de BD, et qui, alors qu’il vivait au Japon, a lancé la collection de manga Sakka chez Casterman en 2004.

Comment s’est faite cette rencontre avec Frédéric Boilet et le monde de l’édition en France ?

Frédéric venait de lancer un manifeste intitulé La Nouvelle Manga. Du fait de la disparition de Garo il n’était pas évident pour moi de poursuivre le travail entamé alors j’ai pris contact avec lui car ce qu’il défendait du manga, des histoires destinées aux adultes, des récits du quotidien, de l’intime, un dessin propre à chaque auteur, m’a intéressée.

Et vous avez commencé à collaborer ? Nous avons travaillé ensemble sur ce qu’on appelle maintenant un roman graphique, intitulé Mariko Parade, paru en 2003 chez Casterman et publié en quatre langues.

J’étais un peu comme dans un rêve car je vivais alors des moments plutôt difficiles dans ma vie privée, et professionnellement au Japon les opportunités étaient limitées.

Pendant un moment c’est donc plutôt pour la France que vous travaillez.

Je dois beaucoup à Frédéric Boilet mais

 

Nadia me procurait des conseils que les éditeurs japonais ne me donnaient pas. Après L’eau amère en 2009 (traduction d’histoires publiées au Japon en 2006) sont donc parus deux mangas en français avant même de paraître au Japon :

2  expressos en 2010 et Sad girl en 2012. J’ai ainsi pu continuer à travailler, à réorganiser ma vie plus posément dans le Kyushu et ai repris la publication au Japon aussi.

Vos mangas en français paraissent ensuite en japonais et puis vous recevez des demandes d’éditeurs du Japon et publiez des histoires plus longues, notamment Yotsuya-ku et Chô no michiyuki.

Yotsuya-ku, paru en 2013, est ce que j’ai imaginé de mon grand-père que je n’ai jamais connu car il est mort à la guerre alors que ma grand-mère était enceinte de ma mère. Elle ne l’a semble-t-il jamais remplacé par aucun autre homme dans sa vie et cela m’a intriguée. J’ai tenté de raconter leur histoire d’amour en recréant l’ambiance du Japon de l’époque, marquée par la montée du militarisme.

Ce livre devrait paraître en Espagne cette année après Cho no michiyuki, publié fin 2015 et qui, selon l’éditeur Ponent Mon, remporte un très bon écho. C’est l’histoire d’une geisha, à l’époque Meiji, dont on apprend peu à peu ce qui l’a amenée dans

 

ce monde dit de plaisirs... J’aime dessiner ces récits liés à un contexte historique.

Votre dernier livre La lanterne de Nyx paru en février au Japon est d’un genre assez différent.

J’ai voulu jouer avec les codes du manga pour un lectorat plus jeune. Je continue à raconter une histoire sur un fond historique : une jeune Japonaise à Nagasaki, vers l’époque de l’exposition universelle de Paris en 1878, mais avec des éléments plus ludiques et fantastiques. Je prévois

3  volumes, et plus si affinités...

2016 est de nouveau une année européenne pour vous.

Oui : avec la publication de traductions en préparation en Allemagne et en France, et puis l’invitation au Festival de BD d’Erlangen fin mai. Ensuite, le 27 novembre, je participerai à un concert où je dessinerai sur scène, dans le cadre du Festival Ars Musica à Bruxelles. Dans les prochaines semaines, je vais également commencer une collaboration avec les éditions des Arènes : je dessinerai un manga avec un scénario-documentaire d’auteures françaises sur les coulisses du Guide Michelin qui devrait paraître dans moins d’un an. Je me réjouis de ce genre de collaboration.                                                                                                                           Entretien avec Corinne Quentin


Service 2

Mihi quidem Antiochum, quem audis, satis belle videris attendere. Hanc igitur quoque transfer in animum dirigentes.


Service 3

Tamen a proposito, inquam, aberramus. Non igitur potestis voluptate omnia dirigentes aut tueri aut retinere virtutem.