Voyage et séjour à Kamakura : 

Tourisme humain

Kamakura est connue pour ses nombreux sites historiques : le Grand Bouddha construit au milieu du XIIIe siècle, le Kannon à 11 têtes de 9 mètres du temple Hase, le temple de bouddhisme zen Kenchoji...

Et aussi comme le lieu de naissance du premier gouverne- ment samouraï du Japon, le « shogunat de Kamakura » (époque de Kamakura, 1185 – 1333).

La ville et sa plage Yuigahama sont à seulement une heure de l’aéroport de Haneda. Se réveiller tôt pour apprécier le lever du soleil sur la mer (en profitant du décalage horaire) ou plonger dans la nature environnant les temples sont de bonnes façons de passer son premier jour au Japon.

Kamakura offre de multiples activités, dont certaines uniques en leur genre, et il est aisé de tester plusieurs types d’expériences en un temps limité du fait de sa petite superficie.

Ce dossier vous emmène à Kamakura, un lieu de « tourisme humain », où l’on rencontre, découvre et apprend grâce à des spécialistes passionnés.

1. Noboru Aoki de Yufutei, visite guidée en pousse-pousse. 2. M. Miura, boutique Chabakka. 3. M. Takano, guest house Irodori. 4. Mari Fujii, atelier cuisine Shojin. 5. Vue du mont Fuji, plage Zaimokuza. 6. Greg et Miho du Café LIKE et temple Komyo-ji. 7. Bain public Shimizu-yu. 8. Activité autour du samouraï, Iza Kamakura. 9. Cours de tissage, espace Khaju.


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Guides bénévoles de langue française

La Kamakura Welcome Guide Association, inaugurée en 2008, regroupe des guides bénévoles pour les visiteurs étrangers, proposant des visites touristiques tous les vendredis sans réservation et les services d’un guide sur réservation.

Parmi les 54 guides de 8 langues, 4 sont des francophones aux expériences et parcours divers ; quatre femmes pour qui Kamakura est un concentré de centres d’intérêt variés : le grand nombre de temples historiques, les ruelles inattendues, les plages offrant une belle vue sur le mont Fuji, surtout en hiver, le cadre de basse montagne qui permet de randonner...

Les quatre guides francophones sont impatientes de reprendre les visites et le partage de leurs sites favoris à Kamakura, dès que la situation Covid le permettra.

(À partir du 10 janvier 2023, les visites guidées sur réservation reprennent !)

http://kamakurawelcome.guide/fr/

Quatre guides en français

Eiko, Masayo, Miki et Yoko sont 4 guides de langue française aux parcours variés. L’une a appris le français à l’université, une autre a accompagné son mari travaillant à Paris, l’une est enseignante d’anglais et de français au lycée, une autre travaille comme guide bénévole depuis le lancement de l’association et a à son actif une centaine de visites. 

Outre les visites touristiques classiques, les 4 guides s’adaptent aux centres d’intérêt ou besoins des visiteurs et peuvent les emmener en des lieux moins connus. Pour un passionné de chats, une maison d’accueil pour chats abandonnés et en attente d’un nouveau propriétaire ; le jardin d’un temple où l’on peut apporter son bento et manger sur place, ce qui est souvent interdit par les temples ; pour un musulman, la mise en relation avec le chef afin d’ajuster les ingrédients ; en cas de perte de portefeuille ou de passeport, accompagnement à la police... Les guides bénévoles apprécient les rencontres et, parfois même, gardent des contacts avec leurs visiteurs, qui les reçoivent à leur tour en France pour une visite guidée !

 


Yufutei est le nom de l’entreprise de la visite guidée en jinrikisha (pousse-pousse) lancée pour la première fois à Kamakura en 1984 par Noboru Aoki,

à ce jour encore le plus connu et respecté des guides en pousse-pousse.

Yufutei est aussi le nom du salon de thé dirigé par sa femme, Izumi, qui est maître de cérémonie du thé.

Nous avons apprécié les belles confiseries d’hortensia, le thé matcha, ainsi que les explications de maître Izumi sur la signification du mot « 静 : calme, tranquillité » calligraphié sur le kakejiku (rouleau suspendu) qui décore le tokonoma (il s’agit de l’endroit le plus important de la pièce, c’est un espace qui représente l’hospitalité).


 

Yuigahama est la première plage au Japon à avoir été certifiée par Blue Flag, l’ONG internationale pour la propreté. On y voit chaque week-end des groupes de bénévoles nettoyer la plage. Et tôt le matin, des surfeurs et des pêcheurs.

Entre janvier et mars, c’est la saison des algues wakamés. Une fois récoltées, elles sont bouillies dans de grandes marmites sur la plage, puis suspendues avec des pinces à linge pour le séchage.

(photo) Géraldine, une touriste française, s’amuse de voir les algues ressemblant ainsi à du linge.


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Espace culturel Khaju, fleurs et  arbres

Teinturière et tisserande, Makiko Tanaka récolte des plantes sauvages de petite montagne dans la ville de Kamakura. En 1997, elle a rénové une maison traditionnelle de 80 ans pour en faire un petit espace culturel équipé de machines à tisser, qu’elle partage avec des artistes et des professionnels pour la transmission des savoirs.

Depuis plus de 25 ans, elle tient aussi un blog sur les plantes sauvages, leur biologie, leur histoire, mais aussi leur comestibilité, la façon de les utiliser en teinture, etc.

Grâce au soutien de ses amis et au crowdfunding, elle a publié un livre présentant 124 des 400 espèces de sa collection.

Elle organise régulièrement des cours de teinture et tissage et des stages d’une journée pendant l’été sur l’indigo aizome. www.khaju.com/

Makiko s’inquiète aujourd’hui de la pénurie d’artisans et de matériaux traditionnels au Japon, et notamment, pour sa création textile, du nombre de plus en plus restreint  de fabricants de fil et de colle nikawa et de spécialistes de la couture. 

Dans sa maison ancienne, elle ressent la philosophie des charpentiers d’antan : « La maison a été construite en tenant compte des conditions d’ensoleillement, du passage des vents et de la qualité du sol. »  Elle pense que les vieilles maisons comme la sienne resteront en bon état pendant bien plus de 80 ans, alors que l’on dit que les maisons construites de nos jours ne durent qu’environ 30 ans. Les habitations modernes sont coupées de leur environnement extérieur, mais, dans les demeures japonaises anciennes, on peut sentir le souffle du monde extérieur et prendre conscience que le rythme de son corps en fait naturellement partie. C’est l’une des raisons pour lesquelles elle aime habiter dans sa maison japonaise traditionnelle.

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Esprit sans barrière

Le surnom de M. Takano, dirigeant de la guest house Irodori, est Bushi (samouraï), car il porte tous les jours et partout l’armure kacchu. Il se l’est fabriquée en pa-pier, résine et rayon et a réuni les différentes pièces avec des cordons tissés. Son concept est le « sans barrière ». Habillé en samouraï, il se veut plus accessible pour les visiteurs. Au rez-de-chaussée de sa vieille maison de 90 ans, rénovée et facile d’accès pour les fauteuils roulants, il guide les touristes étrangers dans un anglais courant, accompagne des personnes aveugles, prépare les repas, organise des soirées de rencontre entre célibataires et des activités bénévoles pour les personnes âgées... Son souhait est de faire de sa guest house un lieu communautaire qui respecte la différence de chacun. https://i-link-u.com/

Maison ancienne de 90 ans à deux étages accessible aux fauteuils roulants.

Promenades organisées régulièrement en compagnie de chiens. 

Accompagnement de personnes en fauteuil roulant  au bord de la mer. 

 


Repas de cuisine familiale japonaise préparé par M. Takano.

Des visiteurs de la guesthouse portant des sabres katana et un grand arc.

M. Takano guidant des visiteurs dans les sites historiques et touristiques. 


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Le thé autrement

« Draft Tea* », « Tea Buffet », « Tea Dripper »…, Ken Miura, dirigeant du salon et de la boutique de thé Chabakka, près de la gare de Kamakura, ne manque pas d’idées inno- vantes, depuis 4 ans, pour associer partage et plaisir à l’expérience de (re)découverte du thé, notamment à l’inten- tion des personnes non intéressées a priori par le thé vert japonais. Une nouvelle approche au service de son concept « apprécier le nihoncha ».

Dernières nouveautés au menu : les cannelés au thé hoji- cha en collaboration avec la pâtisserie française du quartier, les glaces au matcha et au ochazuke**, le bol de riz avec du thé...

*« Draft Tea » : le thé est servi comme de la bière, à la tireuse, pour en faire apprécier le goût rafraîchissant, avec de la mousse !
**Ochazuke avec prune salée (ume), yuzu, wasabi et saumon séché. 

www.chabakkateaparks.com/en 

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Cours de cuisine végétalienne

Mari Fujii a animé de nombreux ateliers lors des salons Idées Japon à Paris. Cela fait plus de 35 ans qu’elle enseigne une cuisine végétalienne inspirée des repas bouddhistes, adaptée en plats faciles à préparer à la maison. Elle tient son savoir de son mari, moine cuisinier et auteur du dictionnaire de shojin ryori (cuisine des temples bouddhistes). Ensemble, ils ont publié plusieurs livres, dont The Enlightened Kitchen : Fresh Vegetable Dishes from the Temples of Japan.

Elle donne des cours chez elle à Kamakura et souvent en province. Avec Atelier Café Kamakura, elle organise des ateliers et des stages destinés aux passionnés de cuisine qui souhaitent présenter des idées de recettes et des méthodes culinaires nouvelles à l’étranger. www.ateliercafeculture.com/                                                                           Phoro Mari Fujii : ©Sakiko Sonoda

Certaines recettes sont présentées sur la page Cuisine du site Idées Japon.

Photos ci-dessos : Atelier-dîner au café à Kamakura. Démonstration, dégustation, explications et moments d’échange d’informations entre participants.

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Retour à l’époque des bushi

Porter un costume de samouraï de l’époque de Kamakura, tirer une flèche en armure et à cheval, combattre avec un sabre katana, fabriquer un casque, découvrir les repas de champ de bataille..., autant d’activités organisées par Satoshi Kamakura, né et élevé à Kamakura et descendant d’un samouraï de la fin de l’époque de Heian (XIIe).

Satoshi Kamakura a commencé ses activités culturelles en hommage aux défunts de l’époque de Kamakura, car, pendant cette période, de nombreuses batailles ont eu lieu et l’on exhume encore aujourd’hui, lors de la construction de bâtiments, des ossements humains. Une autre de ses missions est de continuer à raconter des histoires et de transmettre les arts folkloriques et la culture bushi, notamment aux enfants.

http://izakamakura.jp/ (uniquement en japonais) 

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Café LIKE

Propriétaire du nouveau café LIKE (Life in Kamakura English), ouvert en septembre, Greg Obaugh a déménagé en 2018 de Washington DC à Kamakura avec sa femme Miho et leurs deux chiens. Depuis, ils ne cessent de découvrir les multiples facettes de la ville. Sur son site internet, Greg consacre plusieurs pages aux 70 monuments en pierre qu’un regard attentif peut dénicher un peu partout dans la ville.

Le café se situe dans le quartier Zaimokuza entre le centre-ville et la plage, site des premiers ports où transitaient des zaimoku (charpentes) au IXe siècle. Un lieu convivial pour faire une pause et échanger avec Greg, Miho et leurs clients, souvent accompagnés de leurs chiens, car, ici, nos fidèles amis à poils sont toujours les bienvenus !

www.lifeinkamakura.com/


Les recommandations de Greg

Temples Myohonji et Komyoji : Le Myohonji, dans les montagnes, et le Komyoji, sur la plage, sont de vieux temples tranquilles visités principalement par les habitants. Leur architecture est magnifique. Ce sont des endroits parfaits pour méditer, écouter les oiseaux ou profiter des majestueux cèdres.

Cimetières Jufukuji et Tokeiji : Si vous aimez la mousse et l’histoire, ces cimetières sont d’excellents sites à visiter. On y trouve les tombes de célèbres samouraïs, ainsi que celles de savants bouddhistes.

Plage de Zaimokuza au coucher du soleil : Parmi les expériences qu’offre la vie lente de la côte de Shonan, rien de tel que d’écouter les vagues de l’océan tout en regardant le ciel changer de couleur sur le mont Fuji.

Le sentier de randonnée Daibutsu : Une façon agréable de contourner la foule et de vous emmener de Kita Kamakura à Hase.

Sekihi, les marqueurs historiques : Nous avons rencontré Francesco Baldessari pour la première fois lors d’une conférence qu’il donnait sur son livre intitulé Kamakura, A Historical Guide, publié en 2018. L’une des questions que nous lui avons posées concernait les marqueurs historiques en pierre noire (Sekihi) que nous avons tous remarqués au moins en partie à Kamakura. Une compilation japonaise existait sur le site Kamakura Citizen Net (KCN) www.kcn-net.org/sisekihi/menu.htm, mais personne ne l’avait jamais traduite en anglais. Notre projet ensemble était né.

83 Sekihi sont dispersés dans la grande région de Kamakura, mais nous nous sommes concentrés sur les 70 pierres qui existent dans la ville même de Kamakura. En cliquant sur le nom anglais, vous accéderez au blog et à la traduction complète.

www.lifeinkamakura.com/historical-markers


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Hébergements à des prix éco

Manager de deux guest houses, Finn s’occupe de la communication avec les touristes étrangers. Bench, qui a ouvert en juin, est située à 7 minutes de la gare et équipée de huit capsules à 3 800 yens la nuit. Ohmachi Junxion se trouve à environ 15 minutes de la gare et offre des lits superposés à 3 000 yens.

Finn recommande par ailleurs la Kamakura Guest House, une maison traditionnelle en bois construite par les charpentiers du temple, avec chambres en tatami et futons. Ou la Kamejikan, une maison de 90 ans rénovée en guest house, pour ceux qui préfèrent être près de la plage.

Les deux expériences qu’il aime suggérer sont d’aller au bain public Shimizu-yu, à l’ambiance de l’ère Showa, et de prendre un cours de calligraphie avec un maître habitué à enseigner aux étrangers.

www.bench-kamakura.com/  https://ohmachi-junxion-kamakura.webnode.jp/


Shimizu-yu est un bâtiment de 60 ans avec un bain public à l’atmosphère évoquant l’ère Showa. L’intérieur arbore de belles peintures sur porcelaine de Kutani. Les bains publics sont devenus l’un de mes moyens préférés pour me détendre après une longue journée. https://kamakurasentou.wixsite.com/kamakura-sentou/contact (vidéo)

Les cours de calligraphie de maître Katsuhiro Miike sont particulièrement appréciés des visiteurs de Kamakura, car on peut participer à un « Taiken Kyoshitsu », un atelier d’initiation qui ne nécessite pas d’apporter ses propres matériaux. Le tarif est de 3 000 yens et la réservation est recommandée pour être certain d’avoir une place. https://katsuhiromiike.jimdofree.com/

Ankokuronji est l’un des temples les plus centraux du bouddhisme de Nichiren et on dit que c’est là que son fondateur, Nichiren, a écrit l’une de ses œuvres les plus célèbres. La région environnante est parsemée de sentiers de randonnée intéressants. Dans le magnifique jardin et les grottes, je trouve la paix. www.ankokuronji.org/

WanderKitchen est un melting-pot de personnes, de cultures et de traditions diverses, d’art et surtout de cuisine. La nourriture est réconfortante, tout comme l’intérieur accueillant et l’atmosphère détendue qui donnent envie de rester plus longtemps. www.instagram.com/wanderkitchen/

Le café Kaeru porte ce nom (qui signifie « grenouille ») tout simplement parce que le propriétaire aime les grenouilles ! Mais, si vous regardez d’assez près, vous pourrez peut-être en apercevoir dans le jardin regorgeant de fleurs et d’arbres. J’ai mangé un udon au curry sous la pergola du jardin avec des amis, et je suis tombé amoureux de la nourriture riche en légumes locaux. www.cafekaeru.com/

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Autres recommandations

Rencontre culinaire

« airKitchen » est une plate-forme de mise en relation en ligne des voyageurs étrangers qui souhaitent participer à une expérience culinaire au Japon et des hôtes locaux qui enseignent la cuisine japonaise. Plusieurs cours sont proposés à Kamakura, par Mari Fujii pour la Shojin ryori, et Miyo pour la cuisine traditionnelle de grand-mère.

www.airkitchen.me/list/kanagawa/area/kamakura/

Rencontre avec des locaux

Il existe 5 groupes Meetup à Kamakura et alentour, qui rassemblent des personnes intéressées par l’échange culturel en anglais. C’est une façon de rencontrer des habitants, qui peuvent fournir des informations locales qu’ils sont les seuls à connaître.

www.meetup.com/atelier-cafe-meetup-kamakura/  www.meetup.com/kamakura-cultural-activities-meetup/

www.meetup.com/talk-time-at-terrace-mall-shonon/ 

www.meetup.com/totuka-international-cafe/  www.meetup.com/coffee-and-english-at-starbucks-fujisawa-station/

Informations touristiques

Plusieurs sites proposent des informations pour découvrir la ville de Kamakura.

www.city.kamakura.kanagawa.jp/visitkamakura/fr   www.japan.travel/fr/travel-directory/Kamakurashi

www.japan-experience.com/fr/decouvrir/kamakura

www.kamakuramind.com/en   www.localfocus.info  www.facebook.com/LOCALFOCUSjapanguidebook/

Page Kamakura réalisée par Naoko Tsunoi et Sophie Viguier